Récit du voyage - Etape 1

Retour au grand départ

Le premier jour de Pékin

Vol de nuit Paris – Pékin. Réveil impromptu au-dessus d’Oulan Bator. On survole les grands espaces de Mongolie, la capitale chinoise est encore loin.
La Grande Muraille n’arrêtera pas notre Boeing 777, et à 15h, nous faisons nos premiers pas en territoire chinois. C’est le printemps, beau temps. Un léger voile quand même, comme une brume insistante

Le chauffeur envoyé par notre hôtel est jeune, enthousiaste, hyper looké. Un produit marketing à lui tout seul. La communication s’arrête aux apparences parce qu’il ne parle pas un traître mot d’anglais.

Ni hao

L’autoroute draine un millier de tours d’habitations, rassemblées par poignées en cités impériales. Quand le bâtiment va, tout va. Ici, on construit à tout va, au point qu’on se demande si pour les habiter, on trouvera assez de chinois.

La capitale s’annonce par des avenues démesurées, au style un peu ampoulé. Quelques bâtiments d’architectes pour nouveaux riches affamés, et sur la gauche, une minuscule ruelle, un hutong. On y pénètre soudain, comme dans un passage souterrain.
C’est un quartier poussiéreux de maisons traditionnelles basses en briques grises et aux toits en ailes d’hirondelles. Nous y retrouvons l’hôtel où nous avons réservé une chambre pour les 4 prochaines nuits : le Beijing Sihe Courtyard Hotel. Cette demeure est une parenthèse enchantée, notre chambre la preuve tangible de la délicatesse chinoise.

Nos premiers pas dans Pékin nous mènent devant une église à l’allure européenne. Des gamins jouent au foot sur le parvis, d’autres un peu plus âgés, jean slim et t-shirt dernière mode, planent sur leur skate board.
Comme un air d’occident…
L’occident s’éclipse de l’autre côté de l’avenue Wangfujing Daije, au marché de nuit de Donghuamen. On traverse cette allée de stands fumants qui servent des brochettes en tous genres. Araignées, scorpions ou scarabées font partie des mets les plus populaires.

A la recherche de Tian’anmen…

En chemin, on s’extasie devant nos premiers temples rencontrés par hasard, le curieusement nommé Beijing Working People’s Cultural Palace a comme un avant-goût de Cité Interdite, la foule en moins.
Dans un parc attenant, un couple brave tous les interdits. On les surprend, ça nous surprend. Peut-être les prochains héros d’un 1984 à la chinoise.

La place Tian’anmen s’ouvre enfin à nous tel un géant de bitume. C’est l’heure de la relève devant la Porte de la Paix Céleste, et c’est Mao qui tient les clés du paradis. La fantaisie attire une foule de touristes chinois en vacances. Ici aussi, on fête le travail le 1er Mai.
On s’éloigne sans trop quitter des yeux le portrait du guide suprême. On sait qu’il nous observe avec son petit livre rouge. La nuit tombe et en descendant la place, nous croisons un groupe qui répète les mouvements lents du Qi Gong.

A l’autre bout, on s’engage dans la rue commerçante de Qianmen. On rentre dans la première taverne venue pour un grand moment de solitude. Communication compliquée, menus en Chinois uniquement. On finit avec une soupe, mais comment mange-t-on une soupe avec des baguettes ? Une personne nous apprend à mieux manier les couverts locaux, les autres nous regardent, hilares ou circonspects.

Vous l’avez compris, cette première balade en Chine est dense, déjà riche d’un millier d’images et d’un million de visages.

Et Le voyageur perdu parfois se fait avoir.

Un geste de la main qui dit « Trois » et nous voilà en route sur ce tuk tuk dirigé à la pédale. Trois voulait dire Trois cents. C’était forcément évident, notre chauffeur avait l’air si content. Après négociation, on s’en sortira pour 150 yuans et 15 minutes de balade dans les rues de la capitale chinoise jusqu’à notre hôtel, à peu près.
Etape suivante - Pékin et la Grande Muraille
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