Récit du voyage - Etape 3

Etape précédente - Pékin et la Grande Muraille

De la cité interdite à la rivière Li

Dernier jour à Pékin. SON monument, la Cité Interdite.
C’est le décor du Dernier Empereur. Les images du film de Bertolucci nous trottent dans la tête quand nous traversons ses places monumentales, ses allées démesurées et ses jardins exquis. L’ensemble est impressionnant, une démonstration d’imagination et d’ « harmonie suprême », un monument rare.
L’audioguide est indispensable dans ce lieu où séjournaient l’Empereur et sa cour. Il donne quelques clés d’entrée et raconte des histoires de pouvoir qui auraient eu leur place dans les jardins de Versailles.

La sortie Nord offre une belle vue sur les remparts de la Cité. Ici, elle a des airs de camp retranché, l’Empereur dans sa prison dorée.

La suite de notre journée s’égare dans Pékin, une ville qu’on trouve chaque jour plus passionnante. Nous passons par le Parc Beihai et son grand stupa blanc qu’on aperçoit un peu partout en ville. Dans les quartiers de Hutongs, la ville montre son visage typique. Des vieillards rabougris tiennent des stands dans la rue, marchés improvisés où tout se vend et s’échange. Ces rues poussiéreuses sont parcourues par les tricycles et engins assimilés qui remorquent toutes sortes de marchandises.
Il nous arrive de croiser la route d’une grande avenue moderne ou d’un monument de plus : La Tour du Tambour et celle de la Cloche nous servent de porte d’entrée vers des quartiers plus charmants encore. Notre tour de ville fait étape dans des hutongs plus fréquentés, d’autres totalement délaissés. On trouve même un quartier garni de bars branchés et cafés cosy. C’est un jeu de pistes à travers Pékin, une belle aventure dans la capitale chinoise.

On retrouve le Métro près du Temple des Lamas. Deux stations suffisent pour rejoindre notre hôtel. Pour la dernière fois, nous nous endormons ici, avant de quitter Pékin, demain.

Direction Yangshuo

Ce matin, nous prenons l’avion pour Guilin. Notre vol Air China part et arrive à l’heure. Les retards chinois seraient-ils un simple mythe ?
Nous voulons rejoindre Yangshuo, une ville au cœur de paysages de cartes postales : pics karstiques majestueux et rivière Li au milieu. On cherche donc un taxi.
Il y a un petit stand devant l’aéroport, le prix est double par rapport à celui annoncé dans les guides. Impossible de négocier, notre interlocuteur perd son anglais dès que nous abordons le sujet. « No engliss » La conversation avait pourtant débuté dans un anglais très maitrisé…
Bref, on paie.

Notre chauffeuse babacool porte de longs cheveux un peu crades. Son taxi est dans un état second mais il démarre, et c’est tout ce qu’on lui demande.
Après quelques minutes, elle ralentit et tente de nous expliquer quelque chose. En chinois. Elle recommence, un peu plus lentement, en Chinois. On ne comprend pas. Elle sort un papier et un crayon et y dépose un chiffre, tout en déclinant son speech une troisième fois.

En Chinois.

Euh, elle nous demande de payer ou quoi ? On a déjà tout réglé à l’aéroport. Je lui écris sur le papier le montant déjà réglé, et le barre d’un trait. Je lui entoure son chiffre, et je lui dis « Non ». En chinois. Elle attend plusieurs minutes, sur le bas-côté de la route, puis redémarre.
Elle ralentit encore une dernière fois, nous réexplique la chose. En chinois. Impossible de comprendre. Elle redémarre et continue sa route.

Nous traversons la banlieue de Guilin puis la campagne du Guangxi sur une route défoncée, souvent en partie inondée. La saison des pluies est déjà là, et des trombes d’eau s’abattent sur nous peu avant l’arrivée à Yangshuo.
A l’hôtel, nous profitons du check in pour tenter de comprendre cette histoire de chiffres. L’équation était simple : il y a deux routes pour venir à Yangshuo, l’autoroute à péage et la route normale. La chauffeuse nous demandait si nous voulions payer le péage pour gagner une heure de trajet.
De la difficulté de bien communiquer.

Comme notre hôtel fait également agence de voyages, nous leur demandons de réserver une croisière pour la rivière Li le lendemain. Ce n’est pas possible. La rivière est « fermée » à cause des inondations. La situation va-t-elle changer le jour suivant ? Peut-être. En attendant une accalmie, on peut toujours aller voir les rizières du Dos du Dragon, à Zhongdien.. C’était de toute façon au programme d’une de nos deux journées dans la région. On réserve le transport avec notre hôtel, cela devrait nous faire gagner du temps par rapport à l’option transports en commun. Ce sera le programme demain.
En attendant, on part faire un tour le long de la rivière et autour de Yangshuo. Ce coin est follement étonnant avec ses dizaines de collines touffues qui crèvent le ciel, ce ciel qui nous tombe sur la tête en plein parcours. On se réfugie en ville, dans un restaurant réputé pour ses soupes. Quand nous en sortons, la pluie s’est volatilisée et les chinois en vacances se sont emparés des rues et des bars.
Post Scriptum - A suivre...
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