Les lumières de l'île de Harris, Écosse - Blog voyage La carte du Monde

Extraordinaire voyage au bout du monde

Les lumières de l'île de Harris

Voyage - 10.09.2019

Les lumières de l'île de Harris

Voyage - 10.09.2019

Le voyage en Écosse se poursuit au large des côtes des Highlands, dans l’archipel des Hébrides extérieures. Nous nous rendons sur l’île de Harris, isolée et sauvage, pour un bain de nature extraordinaire. Si vous aimez les paysages côtiers, les baies paradisiaques et les plages de sable blanc, vous n’oublierez jamais Harris, une île hors du commun, la meilleure inspiration de notre voyage

Harris_Lewis&Harris_Hébrides_Ecosse

Harris, île fleurie


Nous… Nous, pour les petits nouveaux, c’est toujours Raphaël (ça c’est moi), Valérie et Héloïse, notre mini-voyageuse de 2 ans et demi. Nous nous rendons sur la plus grande île de l’archipel des Hébrides Extérieures : Lewis & Harris. Au Sud Harris la montagneuse, dont je vais vous parler aujourd’hui. Au Nord la ténébreuse Lewis, qui fera l’objet d’un prochain article. Deux îles pour un seul nom, deux noms pour une même île. N’en perdez pas le Nord, je vous emmène en terre celtique, loin au large des côtes d’Écosse.

Qu’on accoste au Nord ou qu’on se rende plutôt au Sud, c’est en ferry qu’on voyage vers Lewis & Harris, deux heures de traversée au moins sous les bonnes grâces du lion rouge Calmac. Doit-on faire confiance à une compagnie maritime qui prend un lion pour blason ? Pourquoi un lion, et pas une baleine, une seiche ou même un hippocampe ? Il y a des mystères plus grands encore que ceux de Callanish, mais commençons par le commencement.

Plage de Seilebost, île de Harris

Paysages côtiers du Sud de Harris, un émerveillement


Tarbert, capitale-village de Harris

Port principal, point central et capitale de l’île, Tarbert n’est pourtant qu’un simple village sans prétention, ni très charmant ni très vivant. Il s’éveille deux fois par jour, quand vient s’amarrer au port un ferry en provenance de Skye.

À notre arrivée sur les quais, les pluies d’été battent le pavé.

Nous nous mettons à couvert dans le premier restaurant qui vient, juste en face du débarcadère. L’heureux élu est le Mote Bar de l’hôtel Hébrides. On y sert comme partout dans le pays Fish’n’chips et Haggis à volonté, et s’il fallait un signe supplémentaire que nous sommes toujours en Écosse, le ciel nous l’envoie. Nous n’avons pas fini nos plats que déjà, un rayon de soleil se glisse entre les nuages. Ici, la pluie précède toujours le beau temps, et le beau temps la pluie.

La gare de bus est en face, juste de l’autre côté du parking, entre le Visitor Center – l’office de ourisme - et la petite montée qui mène au seul supermarché de la ville, plutôt une grosse épicerie. Mais la principale attraction de Tarbert se trouve quelques dizaines de mètres plus loin, le long de la route principale. C’est sa distillerie de Whisky, boutique-musée idéalement placée près du parking où les voyageurs véhiculés attendent leur ferry. Oh, Capitaine !

Éloignons-nous du port, mille milliards de mille sabords, et prenons la route du Sud, la plus belle de l’île, pour vivre une douce histoire d’amour avec Harris. Quand une île vous ensorcelle….

Comment venir et circuler sur l’île de Harris ?

Chaque jour, des ferries de la compagnie Calmac relient Uig (île de Skye) à Tarbert sur Harris en deux heures environ. Plus au Nord, il faut plutôt 2h30 pour relier Ullapool (Highlands du Nord) et Stornoway sur Lewis. Ce sont les deux portes d’entrée pour Lewis & Harris. Si vous êtes en voiture et voyagez en été, pensez à réserver longtemps à l’avance votre traversée. Les piétons peuvent se présenter simplement à l’embarcadère 1 heure avant le départ du ferry.
Infos et horaires sur le site calmac.co.uk.

Le réseau de transport sur l’île de Harris est plutôt pratique pour se déplacer, même si quelques coins reculés ne sont pas desservis. 6 lignes de bus parcourent l’île du Nord au Sud. Vous retrouverez tous les horaires sur le site des trasnports publics.

Jour 11 : Luskentyre

Le soleil brille quand notre bus vire à droite sur la single track road qui mène à Luskentyre, un village de quelques habitants dont la baie et la plage sont l’objet de tous les superlatifs, notre bout du monde à seulement 20 minutes de Tarbert.

Baie de Luskentyre, île de Harris, Océan Atlantique

La petite route se faufile au milieu des champs, le long de la Baie de Luskentyre


Et que dire d’autre que « Saperlipopette, que c’est beau » quand on longe ce bras de mer cerné de collines bondissantes. La marée montante le couvre de mille reflets aux tons turquoise, celle descendante d’un simple filet d’eau dans un désert de sable. Je viens à Luskentyre découvrir ce grand spectacle, un film de 12 heures qui se répète inlassablement au rythme des marées, mais dont les lumières changent au fil des saisons et selon les caprices de la météo.

Éparpillement sommaire de quelques maisons esseulées, le village précède la plage de quelques centaines de mètres. De l’un à l’autre, nous allons à pied, après avoir laissé nos bagages chez Isobel, dont je vous parlais dans un article précédent. la plage est réputée comme la plus belle de la région, certains disent même qu’elle est la plus spectaculaire d’Écosse.

Elle s’ourle si bien autour de son village qu’une boucle d’1h30 environ (et bien plus longtemps si si vous avez l’âme contemplative) commence et finit au milieu des maisons tout en suivant le rivage. Pour rejoindre la plage, il suffit de suivre le ruban de route jusqu’à son terme puis de traverser le rideau de dunes qui protège la plage de toute empreinte de civilisation.

Luskentyre beach, plage de sable blanc, Harris

La plage de Luskentyre

Sur la plage de Luskentyre, reine nature s’épanouit au grand jour. Au Nord, les montagnes côtières se relayent à l’infini. Au Sud-Ouest, l’horizon a trouvé l’île de Taransay pour seul bouclier, le soleil vient s’y perdre dans les lumières exquises du soir.
Et puis il y a ce sable blanc, ces dunes couvertes de touffes d’herbes folles au vert tendre, ce soleil si généreux et dix minutes plus tard cette pluie battante, il y a ce sentiment d’être au bout du monde, seul au monde. Nous nous plaçons en haut des dunes, admirons cette baie sauvage. Nous marchons les pieds dans l’eau, observons ses reflets et les méandres du sable façonnés par le vent.

La plage glisse l’idée d’une courbe, se recroqueville dans sa longue baie étroite. A marée haute, on n’irait pas plus loin, mais comme la mer s’est retirée, on se faufile le long d’une rivière éphémère qui barre bientôt notre chemin et nous invite à remonter vers le village. Le hasard nous fait rentrer par le cimetière. Cette rencontre m’inspire une pensée, que je croyais napolitaine : Voir Luskentyre et mourir ?

Où dormir sur l’île de Harris ?

Le choix d’hébergement sur l’île est assez limité. Pour dormir dans les coins reculés, pensez à réserver de longues semaines à l’avance. Si vous vous y prenez en dernière minute, il devrait toujours rester quelques chambres à Tarbert, une bonne base pour rayonner.

Je vous recommande un site utile et complet Visitouterhebrides.co.uk. Il rassemble un grand choix de logements, du B&B à la location de maison. Vous pourrez contacter en direct les propriétaires par e-mail ou par téléphone.

Vous trouverez aussi quelques adresses sur Booking.com, mais le choix pour cette destination y est beaucoup plus limité.

Jour 12 : À la découverte du Sud de Harris

Pour circuler sans voiture dans le Sud de Harris, il existe deux lignes de bus. La W10 suit la côte Ouest de Tarbert à Leverburgh (en passant par Luskentyre). La W13 longe la rive Est en suivant la Golden Road, et rejoint la W10 à Leverburgh. Il y a environ 5 bus par jour dans les deux sens, sauf le dimanche, où il n’y a pas de bus du tout. En combinant les deux lignes, on peut facilement faire le tour de la péninsule, mais nous avons préféré concentrer nos arrêts du jour sur la côte ouest, là où se succèdent des points de vue inoubliables le long d’une côte en relief.

Premier arrêt : Rubh’an Teampaill

C’est une courte randonnée sans difficulté qui nous a attiré à la pointe sud-ouest de l’île. Depuis Taobh Tuath (à côté de Northton), un sentier facile rejoint une petite chapelle en ruines, posée sur un amas rocheux au-dessus de l’océan. C’est le lieu-dit de Rubh’an Teampaill, terminus d’une balade sublime au milieu des plages et des criques.

Randonnée Rubh’an Teampaill, Northton, Harris

Au bout de la randonnée, une chapelle abandonnée


L’immense mirage de Scarista et l’élégant ruban de Traigh na Cleabhaig, au pied des dunes herbeuses, sont un ravissement. Oiseaux de très bon goût – on les avait déjà vu en Islande - les sternes arctiques ont choisi cette dernière plage pour se reproduire. Les nids sont au milieu des dunes, et dès qu’on approche d’un peu trop près, Papa sterne pointe le bout de son nez en piquant au-dessus de votre tête. Observez leur position sur la plage pour rester bien à l’écart.

De nombreux autres oiseaux marins sont présents ici, et toute la zone est protégée pour leur reproduction. Près de la chapelle abandonnée, on observe les Fous de Bassan en pleine séance de pêche collective, venus par dizaines réserver leur dîner.

 sterne arctique, île de Harris, Ecosse

Le sterne arctique, gardien de la plage

Topo complet de la randonnée sur WalkingHighlands.co.uk

Deuxième arrêt : La pierre de MacLeod

En remontant vers le Nord par la côte Ouest de Harris, on observe depuis la route une succession de plages ravissantes, mais c’est une petite colline qui révèle ka plus jolie surprise.

MacLeod’s stone – la pierre de MacLeod – est un monolithe imposant de 3 mètres de haut, sentinelle de l’océan. Sur son promontoire herbeux, elle vise l’île de Taransay, où une pierre plus petite lui fait face. Le trait se prolonge vers l’ouest jusqu’à Saint Kilda, une île sauvage à 60km de là.
Instrument de géographie ou territoire de cérémonies païennes, les origines de ce site restent mystérieuses, mais voilà au moins un MacLeod qui a trouvé le chemin de l’immortalité.

MacLeod stone, Outer Hebrides

MacLeod’s Stone, la plus vieille habitante de l’île


La pierre de MacLeod se trouve sur une colline, entre la belle plage de Seilebost et le camping de Horgabost. Deux chemins faciles permettent de s’y rendre depuis la route. Comptez 40 minutes l’aller-retour ou une petite heure pour boucler le tour de la colline. Voilà un site étonnant, et un très joli point de vue sur la région.

Après avoir vagabondé toute la journée dans les paysages inouïs du Sud de l’île de Harris, nous rentrons à Luskentyre. Le bus nous dépose à 3km de notre guesthouse (ils ne font pas tous le détour jusqu’au village), 3km à pied, et 40 minutes de pur plaisir à admirer l’un des plus beaux décors d’Ecosse.

Harris, c’est fini, ou presque. Nous sommes retournés ce soir sur la plage de Luskentyre, revoir ce petit paradis et admirer le soleil se coucher sur cette île irrésistible des Hébrides Extérieures. Décidemment, l’Ecosse a plus d’un tour dans son sac en tweed.

L’île de Harris : L’essentiel

  • C’est au Sud de Tarbert que se trouve la plus belle partie de l’île, UN PAYSAGE CÔTIER QUE VOUS N’OUBLIEREZ JAMAIS
  • Vous trouverez PLEIN DE CHOUETTES BALADES à faire dans le guide The Outer Hebrides, 40 Coast and country walks de la collection Pocket Mountains, à acheter chez Monsieur Fnac ou Monsieur Amazon
  • Déplacez-vous EN BUS grâce aux 6 lignes qui parcourent l’île : les horaires
  • Il n’y a vraiment PAS GRAND MONDE ici, et c’est tant mieux
  • Des noms de lieux un peu étranges ? C’est DU GAÉLIQUE, LA LANGUE LOCALE, même si évidemment tout le monde parle aussi anglais

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