De Potosi à Tupiza, Bolivie - Blog voyage La carte du Monde

Western et rodéo

De Potosi à Tupiza

Voyage - 10.12.2010

Etape

7

De Potosi à Tupiza

Voyage - 10.12.2010

Après deux nuits à Potosi, nous ne voyons pas de raison de nous attarder plus longtemps ici. D’après ce qu’on nous a dit, un seul bus circule vers Tupiza chaque jour. Nous avons donc pris nos billets pour le seul bus qui circule vers Tupiza. En arrivant sur le quai, on découvre un vieux véhicule dégueulasse. S’il roule encore, c’est juste un miracle.
Sur un autre quai, un bus nettement plus correct attend ses passagers. Il appartient à une autre compagnie. Je demande au chauffeur où il va. « Tupiza ! ». Et le prix ? Deux fois moins cher que ce que nous avions payé… Le choix est vite fait, et ce même s’il faut repayer deux billets. Petits tracas…
Quand vous lirez ces lignes, la route entre Potosi et Tupiza sera terminée. En attendant, c’est 4h30 de piste en terre bosselée et épuisante, sise au milieu d’un paysage semi-désertique digne des meilleurs westerns. La roche rouge de Tupiza et la piscine de l’hôtel Mitru nous accueillent en milieu de journée.
Bienvenue au Far West !

On a choisi de venir à Tupiza pour son cadre unique et parce que c’est un point de départ alternatif pour les circuits dans le désert du Sud Lipez, le must de tout voyage en Bolivie. Les Tours classiques durent 4 jours, mais nous avons l’idée d’en faire un de plus pour nous donner le temps de gravir un volcan. Dans les rues poussiéreuses garnies de chiens errants, on traverse l’après-midi d’une agence touristique à l’autre pour présenter notre projet. Tout est bien noté, mais il faut trouver deux autres voyageurs pour remplir le 4x4.
Seule l’agence attenante à notre hôtel, Tupiza Tour, nous demande un acompte non remboursable. Sans garantie de départ, nous refusons de payer. Grano de Oro et Alejandro Travel ne nous demandent rien d’autre qu’un moyen de nous joindre. Chez Alejandro, nous réservons au passage une sortie cheval dans les canyons, à faire le lendemain. Nous dînons ensuite au restaurant El Alamo’s, pas un régal, c’est-à-dire en phase avec le standard local.

« Bueno Amigos, aqui es el canyon del Duende » (selon la légende)

Après avoir créé les chevaux, Dieu a dû se demander où il pourrait bien les faire vivre, et il a fait pousser les canyons de Tupiza. Ici, monter à cheval sonne comme une évidence tant le décor rappelle les codes et les images du genre western. Pas un hasard si Butch Cassidy et le Kid ont fini leur vie dans le quartier.
Du petit bureau Alejandro Travel Service, nous montons à dos de camion jusqu’au ranch, 1km plus loin, où nous faisons la connaissance de nos montures Lucho et Moro. Nous avançons d’un pas trainant sur la terre ocre et entouré de cactus, nous arrivons au Canyon del Duende, notre premier arrêt, que nous arpentons à pied. C’est spectaculaire ! Pour couronner le tout, on se régale de tamales, chausson de maïs et lama, servi par nos guides qui n’ont pas l’âge légal de travailler.
Jusque-là, tout va bien.
Il faut savoir une chose. Notre expérience à cheval est très limitée, voire inexistante. Alors quand un cheval part au galop sans crier gare, manifestement motivé par sa seule volonté, on se retrouve un peu démunis. Valy a troqué Moro pour Ouraqan, et à peine sorti du Canyon, Ouraqan part au galop. Je suis juste derrière, avec Lucho, et Lucho aussi, il part au galop. Je lutte, m’accroche, tire les rênes du cheval tant bien que mal, manque de tomber mais parviens malgré tout à stopper la course folle. Devant, Ouraqan s’en fout et continue au galop. Il prend un chemin à travers les champs de cactus. La poussière s’élève, de plus en plus opaque au fur et à mesure qu’il s’éloigne. Son cavalier est brinquebalé à gauche, à droite. Il lutte, résiste, mais cela ressemble plutôt à un rodéo. Le cavalier finit par céder et se jette entre deux cactus. Ouraqan, lui, fonce toujours, traverse un pierrier, rejoint le chemin principal et dans son emballement fait tomber deux sacoches qu’il avait aux flancs. On attend que John Wayne les ramasse et les emporte au galop, mais John Wayne ne vient pas. La scène est formidable mais ce n’est pas un film. On espère juste qu’elle n’a pas fait trop de dégâts.

Valy a surtout eu peur. Elle est « bien » tombée. Malgré tout, nous écourtons la balade et rentrons en ville plus vite que prévu. Le cheval, c’est pas notre dada. En rentrant, petite discussion avec l’agence, évidemment très ennuyée, et assez remontée contre le « guide ». Il est clair qu’Ouraqan n’était pas le meilleur choix pour faire monter une débutante. On passe aux urgences, juste au cas où, mais un bus accidenté débarque avec sa foule de blessés. Il nous semble normal de leur laisser la priorité et nous rentrons à l’hôtel en réservant une nuit supplémentaire. Nous n’avons pas encore trouvé de compagnon pour le Sud Lipez et allons rester à Tupiza au moins 24 heures de plus.

Commentaires

Article : De Potosi à Tupiza
Vous avez aimé cet article ? Vous voulez ajouter quelque chose ? Dites-le moi en postant un commentaire !





Il n'y a pas encore de commentaire pour cet article. Lancez-vous en premier !
    Le Pérou, la Bolivie, la Pachamama

    Récit de voyage

  1. Introduction : Le Pérou, la Bolivie, la Pachamama
  2. Arrivée en terre sacrée
  3. Dans la vallée sacrée des Incas
  4. Aguas Calientes et le Machu Picchu
  5. De la vallée sacrée au lac Tititcaca
  6. Découvrir La Paz en Bolivie
  7. Visiter Potosi et Sucre
  8. De Potosi à Tupiza
  9. Sud Lipez I : Au sommet de l'Uturuncu
  10. Sud Lipez II : De toutes les couleurs !
  11. Sud Lipez III : Le Salar de Uyuni
  12. Uyuni, La Paz... C'est loin la France !

Etape 8

Sud Lipez I : Au sommet de l'Uturuncu

Lire l'article

Plus d'articles...