Visiter Potosi et Sucre, Bolivie - Blog voyage La carte du Monde

Deux visages de l'histoire de la Bolivie

Visiter Potosi et Sucre

Voyage - 25.01.2019

Etape

6

Visiter Potosi et Sucre

Voyage - 25.01.2019

À quelques heures de route l’une de l’autre, Potosi et Sucre montrent deux visages opposés de la Bolivie. L’une a connu la gloire grâce à sa mine d’argent, le Cerro Rico. L’autre a été le berceau de l’indépendance du pays. Aujourd’hui, Potosi semble endormie quand Sucre bat au rythme de son marché et de ses cafés. 1200 mètres d’altitude séparent deux villes coloniales qui n’ont rien en commun, mais dont l’héritage est profond dans l’histoire bolivienne. Notre voyage continue à la rencontre de ces deux cités.
J’aime beaucoup visiter les villes coloniales d’Amérique latine, ici en Bolivie ou ailleurs sur le continent. Le Mexique, par exemple, est un pays qui n’en manque pas, Si je sujet vous intéresse, vous pouvez aussi lire mes articles coups de cœur sur Oaxaca et San Cristobal de las Casas.

Jour 12 : Potosi, ville fantôme

Nous arrivons à Potosi au petit matin, après un trajet de nuit depuis La Paz. Il est 6 heures, nous n’avons presque pas dormi. Ah, les fameux bus de nuit en Bolivie : un arrêt impromptu à El Alto les coffres grands ouverts, des passagers qui voyagent installés par terre dans l’allée centrale, un contrôle militaire à la lampe torche, des virages incessants sur une piste caillassée… Ça y est, nous sommes baptisés !

Rues de Potosi et Cerro Rico Pour nous rendre en ville depuis la gare routière, nous partageons un taxi avec d’autres voyageurs. Nous visons tous la même auberge de jeunesse : le Koala Den. Arrivés sur place, il y a de la place. On peut même prendre possession de notre chambre dès à présent. Autant vous dire que nous en profitons pour aller nous coucher un moment !

Il y a bien longtemps, l’opulente Potosi a fait la richesse de l’Espagne coloniale. Son argent, extrait du Cerro Rico et frappé à la Casa de la Moneda, inondait le monde entier. La cité des hauts-plateaux était l’une des plus riches du Nouveau Monde. On y construisait des églises, des palais, et ses rues, dit-on, étaient couvertes d’or et d’argent.

Mais ce monde-là n’est plus.

La riche Potosi est aujourd’hui une ville fatiguée, perchée à 4000 mètres d’altitude, et dont les beaux édifices aux couleurs abimées rappellent le passé glorieux. La Casa de la Moneda a depuis longtemps été transformée en musée, il permet de se plonger dans l’histoire de la cité. C’est le lieu que je voulais visiter en premier à Potosi, mais nous sommes dimanche. Je n’avais pas fait attention à ce détail : le dimanche, le Musée est fermé.

 Potosi-monuments-unesco-Bolivie

Potosi est une ville inscrite à l’UNESCO


Finalement, de ce riche héritage il ne reste encore vivant que le Cerro Rico, cette montagne rouge qui barre l’horizon. Et encore, l’argent qui jadis coulait à flots a disparu. Aujourd’hui, le zinc et l’étain forment l’essentiel du minerai extrait de la montagne. Des milliers de travailleurs y plongent chaque jour pour vivre de ce filon un peu usé, quelques touristes s’y rendent également.

Visiter (ou pas) les mines de Potosi

L’attraction numéro 1 à Potosi est l’excursion dans les mines du Cerro Rico. Elle est proposée par tous les hébergements en ville, à différentes heure de la journée. Pas besoin de réserver donc, vous pourrez vous organiser une fois sur place.

Les mines de Potosi ne sont pas un musée. Des milliers de mineurs y travaillent au quotidien, parfois jour et nuit. Pour vivre, ils prennent chaque jour des risques importants et abiment leur santé. L’endroit est dangereux.

Chacun fera le choix personnel d’y aller ou pas. Certains y verront l’occasion de vivre une expérience « vraie » et « locale » . D’autres renonceront pour des raisons éthiques, de sécurité ou parce que l’idée les met mal à l’aise.

Toute option est respectable. Sachez simplement que ce n’est pas un jeu, qu’il y a des gens dont c’est le quotidien. Si vous visitez les mines, faites-le avec respect.

arches potosi cerro rico

Le Cerro Rico est visible partout en ville


Notre auberge et quelques rabatteurs insistants nous proposent l’excursion dans la mine. Je n’ai pas spécialement envie de m’y rendre, et Valy est encore plus fermée que moi à cette idée. La décision est prise, nous n’irons pas dans la mine, et tant pis si c’est l’attraction majeure de la ville.

Est-ce parce que nous sommes dimanche que Potosi semble aussi triste ? Dans les rues désertes, nous errons sans but. Les bâtiments sont décrépis, parfois à moitié en ruines. La solitude ne me fait pas peur, mais cet endroit ressemble quand même sacrément à une ville fantôme. Potosi a peut-être été le centre du monde il y a 4 siècles, mais aujourd’hui, je dois admettre qu’elle est un peu déprimante.

Où dormir à Potosi : le Koala Den

Le Koala Den est une auberge de jeunesse typique aux murs colorés. On pourra y loger en dortoir ou en chambre double avec ou sans salle de bain privée. Dans tous les cas, le budget reste tout doux. On nous a même donné les clés à 6 heures du matin sans nous compter de supplément. Beaux espaces communs. J’ai beaucoup aimé ce petit nid caché, à quelques pas du centre-ville.

De 60 à 150 bolivianos (8-20 €) par personne
Infos et réservations : Koala Den sur Booking

JOUR 13 : Sucre, jolie et indépendante

Cour intérieure à Sucre, Bolivie C’est le 13e jour de notre voyage – déjà – et aujourd’hui, nous nous offrons une petite virée à Sucre, un détour provisoire puisque nous faisons l’aller-retour depuis Potosi dans la journée.

Pour gagner une heure de trajet, et par conséquent autant de visite, on choisit de commander un taxi plutôt que de prendre le bus. Ainsi, il nous faut un peu moins de 3 heures pour atteindre Sucre la capitale constitutionnelle de la Bolivie. Le trajet descend les pentes d’une vallée encaissée sur une belle route asphaltée.

De Potosi à Sucre : Denivelé : 1200 mètres en moins. Température : 15 degrés en plus.

Notre chauffeur nous dépose Plaza 25 de Mayo. Au cœur de la ville, cette place est l’une des plus belles et des plus célèbres de Bolivie. C’est ici, dans les murs de la Casa de la Libertad qu’on proclama le 6 Août 1825 l’indépendance du peuple bolivien, ici encore dans ces mêmes murs qu’on signa la première constitution du pays. Elle fut rédigée par Simon Bolivar, grand libérateur du continent sud-américain. Pour lui rendre honneur, on choisit pour le pays le nom de Bolivie.

Sucre est une ville élégante aux murs blancs. Elle est bourgeoise, se pare à chaque coin de rue d’une église remarquable, mais elle est tout autant chaleureuse, et vit au rythme de ses marchés populaires, là où règne en maître sa majesté la pomme de terre.

Mercado Central de Sucre, Bolivie

Incontournable : le Mercado Central


Nous profitons ici d’une courte escapade printanière au cœur d’un voyage à haute altitude, un bol d’oxygène dans une ville animée et prospère. Elle nous semble à des années lumières de sa voisine Potosi.

Ses allées bordées d’arbres en fleurs nous mènent à la Tour Eiffel. Oui, à Sucre, il y a une Tour Eiffel, imaginée par le père Gustave, le même qui a construit à Paris la dame de Fer. Pour la découvrir, rendez-vous au Parque Bolivar, au Nord de la Plaza 25 de Mayo. Bon, je ne vous cache pas qu’elle est plus petite que l’originale, entre 10 et 15 mètres de haut. L’avantage, c’est qu’on grimpe plus vite au sommet, en haut des escaliers.

Après cet épisode patriote, nous retournons près au centre dans le but de visiter le couvent San Felipe Neri. En réalité, on veut surtout se rendre sur le toit, car c’est ici qu’on bénéficie de la plus belle vue sur la ville. Magnifique !
Attention : le couvent San Felipe Neri n’est ouvert au public que de 16h à 18h du lundi au samedi.

Cathédrale de Sucre, Bolivie

La cathédrale donne sur la Plaza 25 de Mayo


La journée s’achève, nous pouvons rentrer à Potosi. Une agence en ville nous fournit un chauffeur, il prend deux personnes de plus à la sortie de la ville. Entre Sucre et Potosi, le covoiturage est la règle.

En arrivant à Potosi, toutes les rues du centre semblent fermées aux voitures. Notre taxi est bloqué, nous finissons à pied. Nous avions quitté Potosi comme une ville fantôme, nous la retrouvons festive et endiablée. La foule a envahi les rues, la musique est partout, on avance avec le sourire dans une ambiance de carnaval. C’est l’anniversaire de la ville ou quelque chose comme cela. C’est en tout cas une occasion de faire la fête, et dans ce pays, on trouve toujours une bonne raison pour organiser un défilé.

Potosi et Sucre : L’essentiel

Les deux villes sont très différentes. Sucre est de loin ma favorite des deux.

Potosi est inscrite à l’UNESCO. On y voit de nombreux édifices historiques, mais beaucoup d’entre eux sont en mauvais état.
  • La Casa de la Moneda est parait-il l’un des plus beaux musées d’Amérique latine. Fermé le dimanche après-midi et le lundi.
  • La visite de la mine du Cerro Rico est l’attraction numéro 1 en ville

Sucre est une ville étudiante bien vivante. Elle n’est pas très grande et se visite facilement à pied.
  • La Casa de la Libertad nous plonge dans l’histoire de la Bolivie.
  • A ne pas manquer également : les toits du couvent San Felipe Neri
  • Les amateurs de dinosaures pourront aller au Parque Cretacico découvrir des empreintes du jurassique en grand nombre.

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